Flat Tax ou barème progressif : quelle option choisir en 2026 ?
/dans Blog, Blog fr /par escecL’article en bref
- Depuis 2018, les revenus du capital mobilier (dividendes, intérêts, plus-values mobilières…) sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU), également appelé flat tax, au taux global de 31,4 % (18,6 % de prélèvements sociaux et 12,8 % d’impôt sur le revenu).
- Les contribuables peuvent toutefois choisir l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu afin de bénéficier de certains abattements fiscaux.
- La flat tax est souvent plus intéressante pour les foyers ayant des revenus de capitaux mobiliers élevés ou soumis à une tranche marginale d’imposition importante.
- Pour les revenus fixes comme les intérêts ou les obligations, le PFU est généralement la solution la plus avantageuse puisqu’aucun abattement spécifique n’est applicable.
- Avec 10 000 € de dividendes, la flat tax devient souvent plus favorable dès lors que le taux marginal d’imposition dépasse 31,4 %.
- Le barème progressif reste intéressant pour les contribuables non imposables ou pour certaines plus-values bénéficiant d’abattements importants pour durée de détention.
- Une simulation globale reste indispensable avant de faire un choix, car l’option pour le barème progressif s’applique à l’ensemble des revenus mobiliers de l’année.
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Guillaume DELEMARLE
Expert-comptable chez L-Expert-Comptable.com
Article mis à jour le 21 mai 2026
Sommaire
- La flat tax
- L’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu
- Les situations où la flat tax est la plus avantageuse
- Les situations où le barème progressif est le plus intéressant
La loi de finances pour 2018 a instauré le prélèvement forfaitaire unique (PFU), plus connu sous le nom de flat tax. Ce mécanisme concerne les revenus du patrimoine mobilier comme les dividendes, les intérêts, les obligations ou encore les plus-values sur valeurs mobilières.
Ces revenus ne sont donc plus automatiquement soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Toutefois, les contribuables conservent la possibilité d’opter pour le barème classique de l’IR lorsque cela se révèle plus avantageux.
Le choix entre flat tax ou barème progressif dépend principalement du niveau de revenus, du taux marginal d’imposition et des éventuels abattements applicables.
La flat tax
Avant la mise en place du PFU, les revenus du capital étaient imposés selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu, avec plusieurs mécanismes d’allègement fiscal :
- un abattement de 40 % sur les dividendes imposables,
- un abattement pour durée de détention de 50 % à 85 % pour certaines plus-values mobilières,
- des exonérations ou régimes fiscaux spécifiques pour certains produits d’épargne comme les PEA, les PEL ou l’assurance vie.
Depuis la réforme, ces revenus sont soumis par défaut à une taxation forfaitaire globale de 31,4 %, répartie comme suit :
- 12,8 % d’impôt sur le revenu,
- 18,6 % de prélèvements sociaux.
Ce système simplifie l’imposition et peut être particulièrement avantageux pour les contribuables soumis à des tranches d’imposition élevées. En revanche, les différents abattements fiscaux ne s’appliquent plus sous le régime du PFU.
Les plans d’épargne logement (PEL) ouverts à partir du 1er janvier 2018 ainsi que certaines assurances vie dont l’encours est inférieur à 150 000 € sont également soumis à la flat tax. Dans ces situations, la fiscalité peut devenir moins favorable qu’auparavant.
À l’inverse, les produits issus des plans d’épargne en actions (PEA) restent exonérés sous certaines conditions.
La flat tax ne concerne pas :
- les revenus locatifs issus de locations nues ou meublées,
- les plus-values immobilières, déjà soumises à une taxation proportionnelle de 19 %.
L’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu
Le prélèvement forfaitaire unique n’est pas obligatoire. Les contribuables peuvent choisir d’être imposés selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu, comme avant la réforme.
Dans ce cas :
- les prélèvements sociaux s’ajoutent à l’impôt sur le revenu,
- l’abattement de 40 % sur les dividendes redevient applicable,
- les abattements pour durée de détention sur certaines plus-values mobilières peuvent être conservés.
Attention toutefois : cette option ne peut pas être choisie revenu par revenu. Elle s’applique à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers perçus au cours de l’année fiscale.
Il est donc essentiel d’effectuer une simulation complète avant de prendre une décision.
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Les cas où la flat tax est la plus avantageuse:flat tax ou barème progressif
Dans la majorité des situations, la flat tax se révèle plus intéressante, notamment pour les contribuables disposant de revenus financiers importants et soumis à des taux marginaux d’imposition élevés (31,4 %, 41 % ou 45 %).
Revenus fixes : intérêts et obligations
Pour les intérêts ou les obligations, le PFU est presque toujours avantageux car ces revenus ne bénéficient d’aucun abattement spécifique.
Exemple :
Un contribuable soumis à une tranche marginale de 31,4 % sera imposé :
- à 47,2 % avec le barème progressif (31,4 % + 18,6 % de prélèvements sociaux),
- contre seulement 31,4 % avec la flat tax.
Dividendes
Les dividendes profitent d’un abattement de 40 % sous le régime du barème progressif. Malgré cela, la flat tax devient généralement plus intéressante à partir d’un taux marginal d’imposition de 31,4 %.
Comparaison pour 10 000 € de dividendes en 2026
| TMI | Imposition au barème progressif (IR + prélèvements sociaux) | Flat tax (PFU) |
|---|---|---|
| 14 % | ≈ 2 560 € | 3 140 € (31,4 %) |
| 31,4 % | ≈ 3 520 € | 3 140 € |
| 41 % | ≈ 4 180 € | 3 140 € |
| 45 % | ≈ 4 420 € | 3 140 € |
Plus-values sur valeurs mobilières
Pour les plus-values mobilières, tout dépend du niveau d’abattement applicable selon la durée de détention des titres.
Plus l’abattement est élevé, plus le barème progressif peut devenir intéressant.
N’hésitez pas à utiliser un simulateur afin de comparer précisément le coût fiscal de chaque option.
Les cas où le barème progressif est le plus avantageux
Certaines situations rendent le barème progressif plus favorable que la flat tax.
Contribuables non imposables
Les contribuables non imposables ont généralement intérêt à choisir le barème progressif puisqu’ils ne supportent alors que les prélèvements sociaux de 18,6 %.
Dividendes
Pour les dividendes, le barème progressif reste souvent avantageux jusqu’à un taux marginal d’imposition de 14 %, soit une imposition globale d’environ 25,6 %.
Plus-values avec abattement pour durée de détention:flat tax ou barème progressif
Le barème progressif peut également être intéressant dans les cas suivants :
- abattement de 50 % : avantage jusqu’à un TMI de 14 %,
- abattement de 65 % : avantage jusqu’à un TMI de 31,4 %,
- abattement de 85 % : le barème reste généralement plus favorable dans tous les cas.
Ce dernier cas concerne notamment certains titres de PME détenus depuis au moins huit ans.
Enfin, il faut garder à l’esprit que ces calculs doivent être appréciés globalement. L’option pour le barème progressif s’applique à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers de l’année et non à un seul type de revenu.
Avant de choisir entre flat tax ou barème progressif, une analyse complète de la situation fiscale du contribuable reste indispensable.

