Expert-comptable et commissaire aux comptes : quelles différences ?

L’article en bref

  • Le commissaire aux comptes (CAC) est chargé du contrôle légal et de la certification des comptes d’une entreprise, tandis que l’expert-comptable accompagne l’entreprise au quotidien et la conseille sur les plans comptable, fiscal, social et juridique.

  • Un expert-comptable peut devenir commissaire aux comptes, sous réserve de suivre un stage spécifique et d’obtenir les qualifications requises.

  • Les missions de l’expert-comptable couvrent notamment la tenue de la comptabilité, la révision des comptes annuels et le conseil fiscal et juridique.

  • Le commissaire aux comptes intervient dans le cadre d’un audit légal afin de vérifier la régularité et la sincérité des comptes.

  • La certification des comptes réalisée par le commissaire aux comptes a une valeur légale, contrairement à l’attestation délivrée par l’expert-comptable.

  • Les parcours de formation menant à ces professions reposent sur des diplômes, des stages pratiques et des voies d’accès distinctes.

Expert-comptable et commissaire aux comptes : rôles et positionnement

Le commissaire aux comptes est un professionnel inscrit sur la liste officielle tenue par la Haute Autorité de l’Audit (H2A). De son côté, l’expert-comptable est titulaire du Diplôme d’Expertise Comptable (DEC) et inscrit à l’Ordre des experts-comptables. Ces deux professions réglementées poursuivent des objectifs différents.

L’expert-comptable agit comme un partenaire permanent de l’entreprise et de son dirigeant. Il intervient dans de nombreux domaines : gestion, recherche de financements, comptabilité, déclarations fiscales et sociales. Il peut également attester de la cohérence et de la vraisemblance des comptes auprès de l’administration fiscale. Ses compétences sont donc à la fois techniques, transversales et stratégiques.

À l’inverse, le commissaire aux comptes intervient de manière ponctuelle et indépendante. Il ne développe aucune relation de proximité avec l’entreprise qu’il contrôle. Sa mission principale consiste à assurer le contrôle légal des comptes et la certification des informations, y compris en matière de durabilité. En pratique, il vient vérifier le travail réalisé en amont par l’expert-comptable.

Quelles formations sont nécessaires pour devenir expert-comptable ou commissaire aux comptes ?

Qui peut porter le titre d’expert-comptable ?

Seuls les professionnels inscrits à l’Ordre des experts-comptables sont autorisés à utiliser le titre d’expert-comptable.

Plusieurs voies permettent d’accéder à cette inscription :

  • L’obtention du Diplôme d’Expertise Comptable (DEC)
    Pour se présenter au DEC, le candidat doit avoir validé un DSCG (niveau Bac +5), puis effectué trois années de stage en cabinet d’expertise-comptable et/ou d’audit afin d’acquérir une expérience professionnelle solide.
    Un expert-comptable totalise ainsi environ huit années d’études.
    Des aménagements peuvent toutefois exister concernant la durée ou le démarrage du stage.

  • La validation des acquis de l’expérience (VAE)
    Le DEC peut également être obtenu par la VAE, sur la base des compétences acquises au cours d’activités professionnelles salariées, non salariées ou bénévoles, en lien direct avec les missions de l’expertise comptable.

  • La passerelle “cadres financiers” (article 7 bis)
    Cette voie s’adresse aux professionnels âgés d’au moins 40 ans, justifiant de 15 années d’expérience en comptabilité et finance. Aucun diplôme spécifique n’est exigé, mais le candidat doit démontrer l’exercice de fonctions à haut niveau de responsabilité dans les domaines administratifs, comptables et financiers.

Qui peut porter le titre de commissaire aux comptes ?

L’inscription sur la liste des commissaires aux comptes peut se faire selon plusieurs parcours :

  • Être titulaire du DEC avec un stage orienté commissariat aux comptes
    Un expert-comptable diplômé ayant réalisé au moins 200 heures de missions de commissariat aux comptesdurant son stage peut demander son inscription en tant que CAC.

  • Obtenir le Certificat d’Aptitude aux Fonctions de Commissaire aux Comptes (CAFCAC)
    Le CAFCAC est accessible à tout titulaire d’un diplôme conférant le grade de master. Il implique :

    • un stage professionnel de trois ans en cabinet d’audit (dont une année possible en entreprise),

    • quatre épreuves écrites (comptabilité et audit, droit et vie des affaires, économie-finance-management, épreuve de synthèse),

    • deux épreuves orales, dont un entretien avec le jury et une épreuve d’anglais appliqué aux affaires.

Un expert-comptable peut-il devenir commissaire aux comptes ?

Dans l’organisation actuelle des professions, le commissariat aux comptes peut être considéré comme une spécialisation de l’expertise comptable.

Ainsi, un expert-comptable peut exercer les fonctions de commissaire aux comptes, à condition d’avoir suivi un stage spécifique auprès d’un CAC habilité avant de s’installer de manière indépendante.
À l’inverse, le commissaire aux comptes est systématiquement expert-comptable de formation, tant sur le plan académique que professionnel.

Les missions de l’expert-comptable

L’expert-comptable peut intervenir à différents niveaux au sein de l’entreprise :

  • assurer la tenue régulière de la comptabilité dans le respect des obligations légales ;

  • procéder à la révision des comptes annuels avant leur clôture ;

  • attester de la cohérence et de la vraisemblance des comptes annuels auprès de l’administration fiscale ;

  • établir les comptes annuels et les transmettre aux organismes compétents ;

  • accompagner l’entreprise et son dirigeant sur les plans juridique et fiscal ;

  • conseiller le dirigeant dans sa gestion quotidienne, ses décisions financières et stratégiques ;

  • rédiger les contrats de travail, établir les bulletins de paie et assurer le suivi des obligations sociales en cas d’embauche.

L’expert-comptable est donc un interlocuteur central et régulier de l’entreprise. Sa relation de proximité, la diversité de ses missions et sa vision globale des enjeux de l’entreprise lui permettent de proposer un accompagnement personnalisé, aligné avec les objectifs et les ambitions du dirigeant.

Les missions du commissaire aux comptes

Contrairement à l’expert-comptable, le commissaire aux comptes est un intervenant extérieur, tenu à une stricte indépendance. Ses fonctions lui interdisent toute implication dans la gestion de l’entreprise.

Sa mission principale consiste à contrôler les comptes sociaux et à en certifier la régularité et la sincérité. Il s’agit d’une mission légale, encadrée par le Code de commerce, et réalisée selon une procédure d’audit rigoureuse.

Le commissaire aux comptes peut également intervenir dans le cadre de missions liées au contrôle interne, afin d’évaluer la fiabilité des procédures et des dispositifs mis en place par l’entreprise.

Attester les comptes ou certifier les comptes : quelle différence ?

L’expert-comptable atteste les comptes annuels. Cette attestation vise à confirmer leur cohérence et leur vraisemblance auprès de l’administration fiscale. Bien que seul l’expert-comptable soit habilité à effectuer cette démarche, l’attestation n’a pas de valeur légale et sert principalement à rassurer l’administration.

Le commissaire aux comptes, quant à lui, certifie les comptes annuels à l’issue d’un audit légal. Cette certification confère une valeur officielle et juridique aux comptes et constitue une validation formelle du travail réalisé par l’expert-comptable.

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